Sersou
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NOS HABITATIONS

LA MAISON "Ballon", où demeurait la famille de Charles Jarrige.

La maison ballon " Le bassin d’irrigation et les maisons ballons à Burdeau.
Ferme modèle de Charles et Michelle Jarrige.

Le projet de bassin est lancé en 1952/1953.
Albert Jarrige, le père de Charles, fait venir un puisatier, chercheur en eau ; ce dernier la trouve en plusieurs points, mais lequel est le plus productif ?

Deux ouvriers puisatiers, l’un de Burdeau, l’autre marocain, creusent à la main et à plus de dix mètres, l’eau est bien là, mais il faut aller plus bas. Ils utilisent la dynamite car il y a de la roche ; à l’aide d’une pelle ils sortent la roche et le sable. L’eau se met à couler plus fort, il faut clouer des bâches tout autour du puit à l’intérieur de façon que l’eau ruisselle le long de la paroi sans gêner les deux hommes qui, à la barre à mine, creusent, et creusent encore plus profond, il faudra en effet beaucoup d’eau pour le Projet – Agricole.

Avec mon père, Joachim Jorda, nous scellons profondément quatre plots qui recevront les quatre pieds de l’éolienne commandée à la Cie « Henry » de Sidi bel Abbes. L‘éolienne installée étonnent les Burdéens. La pompe refoule enfin l’eau à l’extérieur dans le champ.

Charles offre aux deux puisatiers un mouton pour qu’il soit égorgé sur la margelle du puits, et que leur dieu le rende prospère.

Puis grâce à la puissance de la pompe, ils peuvent encore creuser à l’explosif pour atteindre la veine principale. Il faut maintenant construire le bassin de 20 m x 25 m d’une hauteur de 2,50 m, du jamais vu dans tout le Sersou.

Le creusement du lit du bassin se fait à l’aide d’un bulldozer car il faut briser la couche de tuff qui est à 40-45 cm sous la couche de terre arable, et sous cette croûte de tuff de 10 à 20 cm d’épaisseur il y a une terre blanche et pâteuse ; c’est avec cette terre une fois bien malaxée à la pelle que nous construisons la plupart des maisons du Sersou, elle résiste à la pluie et elle isole aussi bien contre le froid et le chaud. Le trou a 4 mètres de plus que le bassin en longueur et en largeur, car nous avons dû coffrer les parois des deux faces pour obtenir un coffrage de 25 cm d’épaisseur seulement (une étude a été faite par un architecte en béton armé). Nous avons construit à la main toute une armature en ferraille aciérée à partir du sol et des côtés, le tout lié par du grillage confectionné à partir de barres de fer et également à la main. Tous les 2 m50 il y a un pilier en équerre à l’intérieur du bassin qui fait office de bras de force pour éviter que la pression de l’eau ne fasse exploser l’ensemble de cet ouvrage fabuleux. De nombreux curieux nous regardaient faire et nous étions fiers de notre travail.

Ce travail n’était pas sans risque mais les calculs de poussée d’eau avaient été bien étudiés par l’architecte. Dans l’angle du bassin nous avons construit une réserve d’eau potable pour que la famille puisse avoir de l’eau propre qui ne passait pas par le bassin où Charles avait toléré les baignades des burdéens. La paroi du bassin de 25 cm d’épaisseur est coulée dans un coffrage en bois où l’on injectait du béton fortement dosé, y compris les piliers intérieurs. Il a fallu quelques jours de bon vent pour que l’éolienne active la pompe qui a finalement rempli le bassin. Il ne fallait pas que l’eau ait plus de 18° C sans cela la mousse commençait à se former et l’eau n’était plus très claire, l’eau devait circuler pratiquement en continu pour éviter la croissance des algues. Le bassin remplie présentait de nombreuses fuites à chaque raccord de béton puisqu’on déplaçait le coffrage tous les 2m50. Quelques mois après les fuites ont été colmatées par le calcaire, et à ce moment là Charles a fait rabattre la terre en attente contre les quatre parois du bassin pour maintenir la pression du volume d’eau, ce qui fait que le bassin se trouvait en partie enterré.

Nous avons beaucoup travaillé pour construire ce bassin, qui faisait l’admiration de tous les autres agriculteurs, Charles avait de l’eau à profusion pour les besoins de la ferme.

Les bâtiments.

Puis nous avons commencé le grand bâtiment, très moderne, inhabituel par rapport aux constructions de 1930, où il fallait bâtir des fermes closes par quatre murs, sans aucune fenêtre donnant à l’extérieur, par crainte d’être attaqué la nuit.
C’est en construisant le deuxième bâtiment celui des poules pondeuses que les terrassiers ont découvert des ossements dans des caveaux mortuaires très anciens. Les caveaux étaient creusés sous la dalle de tuf qui recouvre le sol du plateau du Sersou. Cette dalle permettait de préserver les sépultures au sec et de les protéger des effondrements de terre. Quoique de grandes dalles de tuf recouvraient l’orifice de ces caveaux il n’y en avait pas beaucoup, cela devait être réservé à des défunts aisés probablement car il fallait briser le tuf pour creuser en dessous alors que les arabes mettent les morts en terre peu profond.

Charles nous avait fourni du feuillard en plomb pour le dérouler sur ces fouilles avant de couler les fondations de la bâtisse, en marque de respect pour les morts.
À ce moment-là, j’habitais la ferme Fontana, juste en face. Le soir lorsque j’allais allumer les boxes pour les poussins, j’avais peur des morts de cet ancien cimetière.
Tout en construisant le 2ème bâtiment nous avons commencé les maisons ballons. Celle de la famille de Charles tout d’abord. Nous avons construit un mur de 50 cm de hauteur environ, respectant l’ouverture de la porte d’entée, et une entreprise spécialisée de Tiaret est venue apporter un demi ballon, comme une orange coupée en deux, qu’ils ont installé dans ce cercle de briques. Nous avions mis de nombreux crochets dans la construction de ce muret pour y attacher de nombreuses sangles, afin de bien maintenir ce ballon. Pendant qu’un compresseur l’avait gonflé à basse pression, juste pour que nous puissions monter dessus pour y disposer les cadres des ouvertures futures, y disposer le grillage en acier pour béton armé. Puis nous avons coulé la chape sur l’ensemble en une seule journée.
Une semaine après, la société est revenue pour dégonfler le ballon, l’extraire délicatement de la coque coulée, le nettoyer à l’extérieur, tout en le regonflant à moitié pression pour lui faire une bonne toilette. À ce moment-là, les ouvriers de Charles avaient pour mission de bien tenir les nombreuses sangles qui le ceinturaient. Et voilà qu’un léger vent s’est mis à souffler, le ballon a commencé à se soulever, sans son fond plat, certains ouvriers ont eu peur et ont lâché leur sangle. Trois ou quatre plus jeunes ont tenu bon, et le ballon s’est mis à faire des bons, d’une hauteur importante, en direction de la ferme Chauvin. Vite, à l’aide des Juva nous avons barré sa progression, à l’occasion de sa chute au sol. Les trois ou quatre ouvriers tenaient toujours leur sangle à la main, malgré les sauts rebondissants du ballon. Nous avions peur que le ballon touche la ligne de haute tension qui était à mi-chemin.

Puis le ballon ramené sur une remorque a pris sa position pour la 2ème maison ballon destinée au commis Pocollo et sa famille. Ensuite, nous sommes revenus sur la construction de la cave, de la véranda et de la buanderie entre les deux maisons ballon.

Je souhaite que ces quelques lignes t’apporteront un complément de la valeur qu’à pu être ton Père Charles pour qui je garde un souvenir éternel de grand homme. "

Ce récit me fut donné par Gérard Jorda, je le remercie d’avoir pris sur son temps pour écrire ces souvenirs.




LES MAISONS JUMELLES, sur le battoir.

".... Pour assurer la conduite de l’exploitation qui s’était développée aux cours des dernières années, elle s’étendait alors sur plus de deux mille hectares, et en assurer une surveillance plus facile, j’ai décidé en 1951 de faire construire une habitation au centre des bâtiments déjà importants : ateliers, garages, silos à grains, usine à lentilles, habitations des ouvriers... qui en étaient le centre d’activité.

Ces bâtiments étaient implantés sur des lots de jardin, bordant le boulevard sud du village, lieu où, au début, le produit des moissons était déposé en attendant leur battage, d’où l’appellation de "battoir".

La nouvelle construction comprenait deux villas jumelles, l’une pour nous et l’autre pour tes parents. Située à proximité du village, elle permettait de bénéficier de ses avantages en même temps ceux d’une ferme : dégagement, jardins et autres. " extrait de" histoire de la famille Jarrige" écrit par Albert J.

Tous les bâtiments agricoles se situaient sur le Battoir côté Ouest.

Maison Albert JarrigeAlbert et Félicie Jarrige
habitaient la partie droite.
La voici sous la neige !

L’écurie se trouvait à droite, en regardant dans ce sens, et la vacherie à gauche.

La porte la plus à droite donnait accès à l’usine à lentilles, où se déroulaient les différentes étapes : le triage, le calibrage, la désinsectisation et le stockage. Par la porte opposée on rentrait dans le local où les semences sélectionnées, plus particulièrement le blé tendre, étaient triées, traitées, ensachées et stockées. Sur le coté se trouve la porte de l’atelier mécanique, dont Roger Leroy était responsable.

Les moissonneuses-batteuses étaient mis à l’abri dans la partie gauche, fermée par des grandes portes coulissantes. Le hangar du centre servait de remise au petit matériel aratoire ainsi que les moissonneuses-lieuses ; une partie fermée, coté gauche, était utilisée pour le dépôt de graisses et d’huiles moteur. La partie droite ouverte servait de garage aux camions et aux voitures.




LA MAISON FAMILIALE, tenue par les sœurs. Elle fut d’abord une maison Jarrige."... Sur ce lot existait un bâtiment composé de deux pièces de 16 mètres-carrés chacune. Après avoir ajouté une cuisine et une salle d’eau, nous avons occupé le logement bien sommaire qui, avec des agrandissement successifs, est devenu la maison familiale..."

Après la construction sur le "battoir"

"...Ce déménagement laissait libre la maison du village. Pour l’occuper, il a été décidé, avec la mère-supérieure à Alger de l’Ordre de l’ Immaculée Conception, dont les sœurs dirigeaient l’hôpital et la maternité de Burdeau, de créer une Maison Familiale. Cette maison était destinée à héberger les fillettes
(une quinzaine) d’âge scolaire, dont les parents habitaient des lieux éloignées : fermes ou villages voisins, pour leur permettre de fréquenter les écoles de Burdeau..... Tenue par deux ou trois sœurs, la Maison familiale a fonctionné jusqu’à l’indépendance de l’ Algérie en 1962. Les autorités algériennes l’ont convertie en garderie mixte pour les enfants de 4 à 6 ans, toujours tenue par des sœurs....." extrait de "l’histoire de la famille Jarrige" d’ Albert Jarrige.

La maison familialeLe toit, pointu le plus haut est celui du pigeonnier de la maison de Louis Jarrige. La véranda et l’aile furent construites vers la fin des années 30.

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